đŸ“„ Le mĂ©canisme de guichet unique du RGPD

🟣 Cet article est de niveau intermĂ©diaire. Cela signifie qu’il est prĂ©fĂ©rable d’avoir quelques connaissances au sujet du RGPD et de la protection des donnĂ©es personnelles, avant de s’y plonger. 

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Le temps de lecture estimé est de 12 minutes. Mais pour les plus pressés, un résumé des éléments à retenir vous attend en fin d'article !
Guide de lecture
Ce blog a Ă©tĂ© crĂ©Ă© avec l’ambition de pouvoir exprimer le point de vue de sa crĂ©atrice et des auteurs-contributeurs sur les enjeux, les connaissances-clĂ©s et l’actualitĂ© concernant la sĂ©curitĂ© de l’information et la protection des donnĂ©es personnelles. Les thĂ©matiques des publications sont bien sĂ»r choisies en

🟣 L’encadrement normatif des traitements de donnĂ©es Ă  caractĂšre personnel apportĂ© par le RGPD fait bien-sĂ»r l’objet, depuis des annĂ©es, de nombreuses publications. Parmi elles, certains sujets sont trĂšs souvent examinĂ©s, comme la dĂ©finition d’une donnĂ©e personnelle, par exemple – nous l’avons nous-mĂȘme abordĂ©e dans un article prĂ©cĂ©dent. D’autres thĂ©matiques sont Ă  l’inverse beaucoup moins souvent traitĂ©es. L’une d’entre -elles porte sur le mĂ©canisme de guichet unique : Ă  la fois fondamental mais de nature procĂ©durale, il est moins accessible aux nĂ©ophytes et rarement prĂ©sentĂ© de façon dĂ©taillĂ©e. 

Ce mĂ©canisme, introduit avec l’entrĂ©e en vigueur du RGPD en 2018, a Ă©tĂ© construit sur mesure pour permettre Ă  la fois une application harmonisĂ©e des dispositions du RGPD, et une approche simplifiĂ©e pour les entreprises traitant des donnĂ©es personnelles dans plusieurs Etats -membres de l’Union EuropĂ©enne. Il fait ainsi parti des Ă©lĂ©ments-clĂ©s de l’application efficace du RGPD, tout en tendant vers une protection uniforme des donnĂ©es personnelles dans l’UE, quels que soient les diffĂ©rents lieux de traitement de ces donnĂ©es. Via cette publication, nous vous proposons de revenir sur les objectifs, le fonctionnement, et les impacts du guichet unique. 

Les concepts principaux abordĂ©s dans cet article sont les suivants : 

  • Guichet unique 
  • AutoritĂ© de contrĂŽle 
  • AutoritĂ© chef de file 
  • Traitement transfrontalier 
  • Etablissement principal 

🎯 Quel est l’objectif du guichet unique ? 

🟣 Le mĂ©canisme du guichet unique (one-stop-shop ou OSS en anglais) n’est pas citĂ© directement dans les dispositions du RGPD. On le trouve abordĂ© explicitement dans les considĂ©rants 127 et 128, mais on constate ensuite qu’il n’apparaĂźt dans aucun des articles du RĂšglement Ă  proprement parler. C’est en rĂ©alitĂ© au travers de la notion d’autoritĂ© de contrĂŽle chef de file qu’on le retrouve, notamment dans l’article 56 du RGPD, intitulĂ© « CompĂ©tence de l’autoritĂ© chef de file ».  

« Sans prĂ©judice de l'article 55, l'autoritĂ© de contrĂŽle de l'Ă©tablissement principal ou de l'Ă©tablissement unique du responsable du traitement ou du sous-traitant est compĂ©tente pour agir en tant qu'autoritĂ© de contrĂŽle chef de file concernant le traitement transfrontalier effectuĂ© par ce responsable du traitement ou ce sous-traitant, conformĂ©ment Ă  la procĂ©dure prĂ©vue Ă  l'article 60. » 

Pour information ou pour rappel, une autoritĂ© de contrĂŽle (Supervisory Authority ou SA en anglais) est l’entitĂ© chargĂ©e de vĂ©rifier la bonne application du RGPD par tous les acteurs y Ă©tant soumis dans son ressort territorial, et de prendre des dĂ©cisions de sanction, le cas Ă©chĂ©ant. Chaque autoritĂ© de contrĂŽle dispose d’un ressort national. Par exemple, en France, l’autoritĂ© de contrĂŽle est la CNIL đŸ‡«đŸ‡·. 

Le mĂ©canisme du guichet unique est donc liĂ© aux autoritĂ©s de contrĂŽle. Il a pour objectif de permettre l’identification d’une autoritĂ© prĂ©cise, dans les cas oĂč plusieurs pourraient ĂȘtre considĂ©rĂ©es. Il attribue ensuite Ă  l’autoritĂ© choisie des prĂ©rogatives de contrĂŽle et de sanction sur toutes les entitĂ©s de son ressort traitant des donnĂ©es personnelles, y compris pour les donnĂ©es qu’elles traiteraient dans d’autres Etats membres de l’UE.  

ConcrĂštement, ce mĂ©canisme couvre des situations telles que celle d’un e-commerçant qui serait Ă©tabli en France mais traiterait pour les besoins de son activitĂ© les donnĂ©es personnelles de ses clients, personnes physiques situĂ©es Ă  la fois en France, en Italie et en Allemagne. Les traitements de donnĂ©es personnelles Ă©tant centralisĂ©s dans une seule organisation, le mĂ©canisme de guichet unique est prĂ©vu pour simplifier les dĂ©marches liĂ©es aux donnĂ©es personnelles et Ă©viter de diviser celles-ci entre plusieurs autoritĂ©s. 

On peut aussi penser au cas d’une entreprise dont une partie de la production serait assurĂ©e en France, et l’autre en Espagne, par exemple. Elle aurait des sociĂ©tĂ©s dĂ©clarĂ©es dans les deux pays, et des salariĂ©s rĂ©sidant pour certains en Espagne et pour d’autres en France. En cas de contrĂŽle relatif aux traitements des donnĂ©es de ses salariĂ©s, ce mĂ©canisme permettra de trancher qui est compĂ©tence, de la CNIL ou de l’AEPD (Agencia Española de ProtecciĂłn de Datos) đŸ‡Ș🇾).  

Dans ces deux exemples, les entitĂ©s mettent en oeuvre ce qu’on appelle des traitements transfrontaliers. Le mĂ©canisme du guichet unique est prĂ©cisĂ©ment fait pour savoir quelle autoritĂ© de contrĂŽle est compĂ©tente en cas de traitements transfrontaliers.  

 đŸ”Ž Comment identifier l’autoritĂ© chef de file ? 

🟣 A ce sujet, une premiĂšre remarque permettra d’éclaircir la suite : il n’y a pas toujours une autoritĂ© chef de file Ă  identifier. Deux situations excluent le recours au mĂ©canisme de guichet unique :  

  • Dans un premier temps, si une entreprise n’est situĂ©e que dans un Etat membre et traite uniquement les donnĂ©es personnelles des rĂ©sidents de ce mĂȘme Etat membre, il n’y aura qu’une seule autoritĂ© de contrĂŽle possible : celle de cet Etat membre.  
  • Par exemple, une association Ă©tablie en Italie et n’ayant vocation Ă  ne traiter que des donnĂ©es personnelles de ses adhĂ©rents, qui se trouvent ĂȘtre uniquement des personnes physiques rĂ©sidant en Italie, n’aura qu’une seule autoritĂ© de contrĂŽle possible : l’autoritĂ© italienne il Garante per la protezione dei dati personali 🇼đŸ‡č. 
  • Le mĂ©canisme de guichet n’a pas Ă  ĂȘtre mis en oeuvre dans les cas comme celui-ci, car il n’y a pas de traitement transfrontalier impliquĂ© : tout se dĂ©roule dans le mĂȘme Etat membre.  
  • Un second cas dans lequel le mĂ©canisme de guichet unique n’a pas Ă  ĂȘtre appliquĂ© concerne cette fois-ci bien des traitements transfrontaliers, mais relĂšve d’une exception prĂ©vue par le RGPD.  
  • Il s’agit du cas dans lequel l’entitĂ© qui traite les donnĂ©es personnelles est : soit une autoritĂ© publique, soit une entitĂ© privĂ©e traitant les donnĂ©es dans l’intĂ©rĂȘt public.  
  • Ces deux cas, d’aprĂšs le considĂ©rant 128 et l’article 55 du RGPD, ne devraient pas permettre l’application du mĂ©canisme de guichet unique, quand bien mĂȘme l’entitĂ© en question traiterait les donnĂ©es de personnes rĂ©sidant dans plusieurs Etats membres.  

En gardant Ă  l’esprit que les deux situations ci-dessus ne sont jamais concernĂ©es par le mĂ©canisme de guichet unique, ce dernier s’applique donc dans tous les cas oĂč une entitĂ© privĂ©e, Ă©tablie dans un ou plusieurs Etats membres, traite les donnĂ©es personnelles de personnes situĂ©es dans plusieurs Etats membres, pour d’autres motifs que la poursuite de l’intĂ©rĂȘt public.  

Le mĂ©canisme du guichet unique poussera alors Ă  identifier l’État membre dans lequel l’entitĂ© en question est Ă©tablie (lĂ  oĂč l’on trouve son siĂšge social). Et dans le cas oĂč une entitĂ© serait Ă©tablie dans plusieurs Etats membres, on cherche alors Ă  savoir quel est son Ă©tablissement principal (son « administration centrale »).  

Le 28 mars 2023, l’EDPB a publiĂ© des lignes directrices aidant Ă  identifier l’autoritĂ© de contrĂŽle compĂ©tente de toute entitĂ© traitant des donnĂ©es personnelles.  

Pour reprendre l’exemple fictif de notre e-commerçant, il s’adresse aussi bien Ă  des consommateurs en France, en Italie et en Allemagne. Il est toutefois composĂ© d’une seule sociĂ©tĂ©, dont le siĂšge social est immatriculĂ© en France. En France, l’autoritĂ© de contrĂŽle est la CNIL. C’est donc la CNIL qui sera son autoritĂ© chef de file.  

Et pour prendre un exemple rĂ©el, l’entreprise amĂ©ricaine Meta a des sociĂ©tĂ©s immatriculĂ©es dans plusieurs pays d’Europe. Son Ă©tablissement principal en Europe est toutefois sa sociĂ©tĂ© irlandaise (on le retrouve notamment dĂ©clarĂ© dans sa politique de confidentialitĂ©). L’autoritĂ© de contrĂŽle irlandaise est la Data Protection Commission (DPC) 🇼đŸ‡Ș. C’est donc la DPC qui est l’autoritĂ© chef de file de Meta.  

En rĂ©sumĂ©, une autoritĂ© chef de file doit ĂȘtre identifiĂ©e dans les cas suivants : une entitĂ© privĂ©e est Ă©tablie dans plusieurs Etats membres, et/ou traite des donnĂ©es personnelles de personnes Ă©tablies dans plusieurs Etats membres. 

  • Si l’entitĂ© qui traite des donnĂ©es de personnes Ă©tablies dans plusieurs Etats, n’est elle-mĂȘme Ă©tablie que dans un seul Etat, on dit qu’elle a un Ă©tablissement unique. Son autoritĂ© chef de file sera alors celle de l’État dans lequel est dĂ©clarĂ© cet Ă©tablissement unique.  
  • Par contre, si l’entitĂ© en question a plusieurs sociĂ©tĂ©s, immatriculĂ©es dans des Etats membres diffĂ©rents, l’autoritĂ© chef de file sera celle de l’État dans lequel son Ă©tablissement principal est dĂ©clarĂ©. 

Le concept d’établissement principal est primordial pour la mise en pratique du mĂ©canisme de guichet unique ; afin d’y voir plus clair et Ă  la demande de la CNIL, l’EDPB a publiĂ© une opinion en fĂ©vrier 2024 revenant sur ce concept d’établissement principal.  

Dans les deux cas, des traitements transfrontaliers sont rĂ©alisĂ©s et le mĂ©canisme de guichet unique est conçu pour aider Ă  identifier l’autoritĂ© de contrĂŽle compĂ©tente. Mais il ne s’arrĂȘte pas Ă  l’identification de l’autoritĂ© chef de file, et prĂ©voit aussi comment cette derniĂšre doit interagir avec les autres autoritĂ©s de contrĂŽle (que l’on qualifie de « locales » ou « autoritĂ©s de contrĂŽle concernĂ©es », Concerned Supervisory Authorities ou CSA en anglais).   

⚙ Comment fonctionne le mĂ©canisme du guichet unique, une fois l’autoritĂ© chef de file identifiĂ©e ? 

🟣 Comme nous l’avons vu plus haut, dĂšs lors que des traitements transfrontaliers de donnĂ©es Ă  cractĂšre personnel ont lieu entre plusieurs Etats membres de l’UE, une autoritĂ© chef de file doit ĂȘtre identifiĂ©e. Mais attention, ce n’est pas parce qu’une autoritĂ© chef de file est identifiĂ©e qu’elle sera la seule Ă  travailler sur ce cas. Au contraire, elle aura besoin de coopĂ©rer avec les autoritĂ©s de contrĂŽle concernĂ©es, de plusieurs façons prĂ©vues par le RGPD.  

On rappelle donc qu’il faut distinguer deux niveaux d’autoritĂ©s de contrĂŽle (ou Supervisory Authorities, SA), dans le cadre de l’application du mĂ©canisme de guichet unique :  

  • L’autoritĂ© de contrĂŽle chef de file (ou LSA, pour Lead Supervisory Authority). 
  • La ou les autoritĂ©(s) de contrĂŽle concernĂ©e(s) (ou CSA, Concerned Supervisory Authority(ies)). 

Un autre point important Ă  comprendre est qu’une entitĂ© concernĂ©e par le mĂ©canisme de guichet unique va forcĂ©ment mener plusieurs traitements de donnĂ©es personnelles pour les besoins de son activitĂ© ; certains seront transfrontaliers, et d’autres non.  

Dans ce dernier cas, que fait-on ? L’autoritĂ© de contrĂŽle chef de file (LSA) existe, et afin de respecter l’esprit d’harmonisation, elle devra ĂȘtre impliquĂ©e dans tous les cas, mĂȘme en dehors de traitements transfrontaliers. Ainsi, si une autoritĂ© de contrĂŽle locale (CSA) enquĂȘte sur un traitement de donnĂ©es personnelles qu’elle estime ĂȘtre non-transfrontalier et uniquement relever de son propre ressor, elle devra quand-mĂȘme prĂ©venir la LSA. Cette derniĂšre devra alors statuer dans un de ces deux sens :  

  • La LSA pourra approuver l’analyse de la CSA selon laquelle le traitement n’est pas transfrontalier. Elle confiera donc la problĂ©matique Ă  la CSA. 
  • Ou bien, si aprĂšs analyse, elle rĂ©alise que le traitement est finalement transfrontalier, la LSA pourra dĂ©cider de s’emparer du dossier afin d’arriver Ă  une solution harmonisĂ©e.  

Dans le premier cas, si la LSA approuve le traitement du dossier par la CSA, cette derniĂšre n’agira quand-mĂȘme pas de façon isolĂ©e. Etant donnĂ© que l’entitĂ© concernĂ©e impacte d’une façon ou d’une autre plusieurs Etats-membres, mĂȘme si le traitement prĂ©cis Ă  l’origine du contrĂŽle n’est pas transfrontalier, la CSA devra appliquer les rĂšgles du RGPD relatives Ă  l’assistance mutuelle et aux opĂ©rations conjointes menĂ©es par les autoritĂ©s de contrĂŽle, conformĂ©ment Ă  ses articles 61 et 62.  

Dans le second cas, si la LSA prend la main, elle n’agira pas non-plus seule et appliquera les rĂšgles de coopĂ©ration prĂ©vues par l’article 60 du RGPD, rĂ©gissant ses rapports avec les diffĂ©rentes CSA impliquĂ©es. 

Les rĂšgles de coopĂ©ration mĂ©riteraient de plus amples dĂ©veloppements, mais afin de rĂ©ussir Ă  approcher l’ensemble du sujet dans cet article, nous nous contenterons ici de les lister. Elles sont les suivantes :  

  • L’autoritĂ© chef de file pilote le dossier, doit informer les autoritĂ©s nationales et peut Ă©galement leur donner des consignes, et notamment les inciter Ă  coopĂ©rer entre-elles pour les besoins de l’affaire. 
  • Un ensemble de rĂšgles encadre la façon dont une dĂ©cision de sanction peut ĂȘtre adoptĂ©e. L’autoritĂ© chef de file, si elle dĂ©cide de sanctionner l’entitĂ© concernĂ©e, prĂ©sente son projet de sanction autres autoritĂ©s. Ces derniĂšres ont alors quatre semaines pour formuler une « objection pertinente et motivĂ©e » si besoin, qui devra ĂȘtre prise en compte par l’autoritĂ© chef de file le cas Ă©chĂ©ant. En cas d’absence d’objection, les autoritĂ©s consultĂ©es sont rĂ©putĂ©es approuver le projet de sanction.  
  • Enfin, d’autres rĂšgles prĂ©voient la gestion des rĂ©clamations introduites par des personnes concernĂ©es, qui pourraient concerner l’affaire.  

📌 Quel impact du guichet unique pour les entreprises concernĂ©es ? 

🟣 Le mĂ©canisme de guichet unique est une solution offerte par le RGPD pour permettre aux entreprises opĂ©rant dans plusieurs États membres de l'UE de bĂ©nĂ©ficier d'un point de contact unique avec la SA de leur siĂšge social ou de leur Ă©tablissement principal. Cela signifie que, plutĂŽt que d'avoir Ă  traiter avec plusieurs autoritĂ©s de contrĂŽle dans diffĂ©rents pays, une entreprise peut interagir avec une seule autoritĂ© de contrĂŽle pour toutes les questions liĂ©es Ă  la protection des donnĂ©es. 

Mais, comme nous l’avons vu plus haut, cela ne signifie pas que les autres autoritĂ©s de contrĂŽle sont Ă©cartĂ©es. Les CSA conservent un rĂŽle important dans le processus, notamment en fournissant une assistance et en coopĂ©rant avec la LSA. Elles gardent une influence sur les contrĂŽles et les sanctions Ă©ventuelles. Cela permet donc d’assurer l’harmonisation recherchĂ©e, sans laisser d’Etats membres derriĂšre.  

ConcrĂštement, le mĂ©canisme de guichet unique permet de :  

- Centraliser les Ă©changes avec la LSA. 

- Centraliser les procĂ©dures en cas de contrĂŽle, voire de sanction, concernant des traitements transfrontaliers. 

Mais le mĂ©canisme de guichet unique
 

- Ne permet pas de s’affranchir du droit local des autres Etats membres impactĂ©s par l’entitĂ© en termes de traitements de donnĂ©es personnelles. 

- N’empĂȘche pas les diffĂ©rentes CSA de s’exprimer, de coopĂ©rer et d’influencer les procĂ©dures de sanction. 

- N’est pas Ă  l’abri d’ĂȘtre Ă©vincĂ© par l’application de la procĂ©dure de l’article 66, comme cela a Ă©tĂ© le cas de Meta en 2023 suite Ă  l’intervention de la NorvĂšge 🇳🇮. 

Pour rĂ©sumer, bien que l’impact du mĂ©canisme de guichet unique soit plutĂŽt positif et aille dans le sens de la simplification pour les entitĂ©s concernĂ©es, il n’est absolument pas prĂ©vu pour lui permettre de choisir les rĂšgles Ă  appliquer ou les juridictions compĂ©tentes Ă  loisir. De nombreux garde-fous ont d’ailleurs Ă©tĂ© mis en place pour Ă©viter les abus. Il est donc conseillĂ© aux entitĂ©s menant des traitements transfrontaliers de qualifier juridiquement leur situation au plus proche de la rĂ©alitĂ© du terrain, plutĂŽt que de risquer d’avoir de mauvaises surprises par la suite.  

🔖 RĂ©capitulatif - les Ă©lĂ©ments Ă  retenir

Le mĂ©canisme de guichet unique du RGPD est fait pour simplifier l’application de ce texte par des entreprises opĂ©rant dans plusieurs États membres de l’Union EuropĂ©enne, en leur permettant de n'avoir qu'un seul point de contact : l'autoritĂ© de contrĂŽle de leur État d'Ă©tablissement (leur LSA).  

L’entrĂ©e en vigueur de ce mĂ©canisme en 2018 a permis, en complĂ©ment du passage d’une directive Ă  un RĂšglement, d’harmoniser la maniĂšre dont les rĂšgles sur la protection des donnĂ©es s'appliquent aux entreprises prĂ©sentes dans plusieurs Etats, en rationalisant leur dĂ©marche de conformitĂ© rĂ©glementaire Ă  travers l'UE.  

Pour savoir si et comment appliquer le mĂ©canisme du guichet unique
  

  • Commençons par nous demander si l’on est en prĂ©sence de traitements transfrontaliers. 
  • Si c’est le cas, cherchons oĂč est l’établissement principal de l’entitĂ© menant ces traitements (qu’elle soit responsable de traitement ou sous-traitante). 
  • La LSA (autoritĂ© chef de file) est l’autoritĂ© de contrĂŽle compĂ©tente dans l’État membre oĂč se trouve l’établissement principal. 
  • Ensuite, en cas de contrĂŽle / sanction concernant un traitement transfrontalier, il faut savoir que la LSA pilotera le dossier, mais que les autoritĂ©s locales pouvant ĂȘtre concernĂ©es (CSA) participeront et pourront influencer le cours de la procĂ©dure. 
  • De nombreux cas sont prĂ©vus, y compris ceux devant adresser des plaintes provenant de plusieurs Etats membres, ou ceux prĂ©sentant une situation de blocage entre les opinions divergentes des diffĂ©rentes autoritĂ©s de contrĂŽle impliquĂ©es. 

🟣 Merci pour votre lecture ! J’espĂšre vous avoir permis de porter un premier regard utile sur le mĂ©canisme de guichet unique du RGPD. 

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📚 Les sources, c’est par lĂ  !

RGPD, considérants 127 et 128. (Lien

RGPD, articles 55 Ă  66. 

Guidelines 8/2022 de l’EDPB. (Lien

Opinion 04/2024 de l’EDPB.(Lien

EDPB, application de l’article 66 dans l’affaire Meta. (Lien)


Special thanks Ă  ma nouvelle relectrice Soon, qui m'a permis de finalement poster cet article et d'amĂ©liorer sa qualitĂ© d'ensemble ! 💙

Joëlie

Joëlie

🎐 Entrepreneure lyonnaise, j'aide les professionnels Ă  maĂźtriser les risques liĂ©s aux traitements de l'information. ✹
Lyon, France